Vins Valais
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Les grands: humagne rouge, cornalin... A côté du pinot et du gamay et parmi les quinze autres plants de rouge, notre préférence va aux autochtones: les principaux sont l'humagne rouge et le cornalin. L'humagne rouge n'a rien avoir avec la blanche. C'est un plant que les Valaisans considèrent comme indigène, à supposer même qu'il vienne de la voisine vallée d'Aoste où on le nomme petit rouge ou oriou. C'est un splendide rouge principalement produit dans la région comprise entre Fully et Vétroz. L'humagne rouge peut être récoltée plus tard que le pinot noir, car ses grains ne craignent ni le soleil ni la pourriture. C'est un vin à la fois fin et puissant, qui développe des notes fauves. La plus célèbre humagne rouge est due à l'équipe Desfaye-Crettenand, à Leytron, où l'ancien directeur de Changins, Jean Crettenand, a su lancer ce cépage, il y a des lustres. Aujourd'hui on ne compte plus les réussites dans tout le Valais: Michel Boven de la Cave Ardevaz, à Chamoson, en premier lieu, mais aussi les fils d'André Roduit, à Fully, les Vieilles-Vignes de Vincent Favre, à Chamoson, Ulrich Devayes, à Leytron, Provins Valais, à Sion, Chant-du-Vent des Fils de Charles Favre, à Sion, les Caves Imesch, à Sierre. Le cornalin est la perle du trésor ampélographique valaisan. C'est aussi un très ancien cépage qui ne s'apparente à aucun autre. Mais il est difficile à cultiver, sa maturité est tardive et capricieuse. Il offre un nez complexe et un corps à la fois frais et subtil, dans sa rusticité. Lorsqu'il est réussi, c'est un fabuleux vin, incomparable, même face aux meilleurs italiens et aux meilleurs côtes-du-rhône français. C'est en outre un vin de garde, qui doit vieillir, au moins trois à quatre ans - il atteint allégrement les vingt ans dans de bonnes années. Le cornalin Grand Métral de Provins Valais, à Sion, est exemplaire à cet égard, tout comme ceux de Benoît Dorsaz, à Fully, Les Follaterres d'André Roduit et Fils, à Fully, le cornalin de Chamoson de Maurice Favre, ceux de Varone Vins, à Sion, de Denis Mercier, à Sierre, de Claudy Clavien, à Miège, de Maurice Zufferey, à Muraz (Sierre), d'Adrian Mathier, à Salquenen.

Violacée syrah. La syrah est le dernier des grands rouges valaisans qui valent un solennel lever de coude. Comme la marsanne blanche, ce plant vient des côtes du Rhône, où il donne les fameuses côtes-rôties, entre autres. L'origine plus lointaine serait la ville de Shiraz, en Perse, ou celle de Syracuse, en Sicile... Son introduction en Valais remonte à 1926, par le Dr Henry Wuilloud, alors chef inspiré du Service cantonal de la viticulture. Cela peut devenir un vin magnifique, produit principalement dans la région de Fully à Sion. Sa robe sombre, légèrement violacée, est déjà une invitation à la consommation. Lorsqu'il est bien concentré, il développe de généreux arômes poivrés et épicés, avec en bouche un corps charpenté et long. Là encore il faut citer des "pionniers" comme la syrah de Desfaye-Crettenand, à Leytron, et celle, magnifiquement élevée en barrique, de Simon Maye, à Chamoson, tout comme le Maître de Chais de Provins Valais et la syrah de Pradec de Denis Mercier, à Sierre, la syrah de Michel Boven, à Chamoson, celles d'Ulrich Devayes, à Leytron, de Charles Bonvin, à Sion, d'Adrian Mathier, à Salquenen, et puis la syrah de Saint-Léonard d'une excellente vigneronne, Marie-Bernard Gillioz Praz, à Grimisuat. Je passe rapidement sur les rosés valaisans, qui font beaucoup parler d'eux mais qui ne méritent peut-être pas autant d'attention, même si une dôle blanche (dôle pressée en blanc au lieu d'être cuvée) a du charme, si l'on trouve un œil-de-perdrix (issu exclusivement du pinot noir) atteignant une indéniable finesse, et qu'on dispose encore d'un rosé de gamay friand. Tout cela apparaît un peu commercial à côté des merveilles qu'on vient d'évoquer